J'inaugure la nouvelle utilisation des sous-blogs dépendants de celui du Salon des Poètes de Lyon (que vous pouvez consulter directment par http://poetisons.canalblog.com/ ).

Pour cela je vous fais cadeau du début d'un ensemble poétique écrit pour le théatre :

 

Tout début est une fin en soi.... 

Te souviens-tu de cette nuit que nous avons passée au cœur de la Provence, au pied du Moulin de Daudet ?

Les flots du Mistral déchainé soufflaient par rafales ; le ciel noir, percé d’étoiles brillantes comme des diamants, nous entourait en un globe infini, les oliviers, les cyprès et les pins ployaient et gémissaient sous la torture du vent.

Cette nuit-là, nous étions heureux, nous étions seuls au monde,  nus comme des nouveau-nés au milieu de cette nature qui nous cernait en frémissant. Nous aimions cette nature, faisant corps avec elle, nous nous aimions...

Quand vint le jour, tu me demandas d’aller voir le lever du soleil, au bord de la mer.

Ce fut une course contre la montre : lorsque nous arrivâmes sur la plage, l’énorme boule de feu émergeait déjà à l’horizon, naissant de la mer. Tout était beau, les vagues scintillantes prenaient leur course au loin pour venir avec force mourir à nos pieds, baignant l’immense tapis de  sable clair, nous étions seuls au monde, auréolés par l’éclat du soleil et bousculés par le vent.

Je t’ai dit alors : “tu vois, ici, c’est cela, le soleil et le vent”. Tu m’as répondu : “quel beau titre de livre !”.

J’ai écrit ton prénom sur le sable, mais, bien vite, il a disparu, gommé par les vagues, emporté par les flots, je n’ai pas compris alors que c’était un symbole car nous n’existions pas face à cette éternité.

Le soleil et le vent, un jour, peut-être, j’écrirais ce livre, j’ai tant de choses à dire...